Grignoter pour être une maman zen?

SucreJe suis du genre à m’énerver, parfois. Souvent, pour des broutilles.
J’ai l’impression de me transformer en cocotte-minute, et chaque détail qui va un tant soit peu de travers ne fait qu’augmenter la pression, jusqu’à l’explosion. Imaginez avec des enfants! Je déteste ça…

Surtout que la plupart du temps, je suis plutôt cool et zen. Je prends les choses avec légèreté, j’arrive à avoir du recul pour écouter les enfants plutôt que de leur hurler dessus (enfin ça, surtout depuis que je ne travaille plus à l’extérieur).

Bref, pendant des années, ce côté border-line m’a franchement agacé, sans que j’arrive à le changer. Même avec la meilleure volonté du monde, quand je « partais en sucette », impossible de me raisonner et de retrouver mon coté zen. Ça vous est déjà arrivé? Lisez la suite, ça devrait vous intéresser!

Et la lumière fut…

Je ne sais plus comment j’ai découvert LA raison. Il me semble qu’il y a eu un déclic un jour, et je me suis dit « c’est ça ». C’est devenu une évidence. Je ne maîtrisais plus mes émotions ni mes sentiments lorsque mon corps avait besoin de nourriture! Je choisis volontairement mes mots, je n’ai pas dit « quand j’avais faim ». Quand j’ai faim, je ne me prends pas la tête, je manque ce dont j’ai envie et on passe à autre chose. Là, je parle de la manifestation physiologique du besoin de nourriture: la baisse de la glycémie, c’est à dire du taux de sucre dans le sang. Ne pas avoir remarqué que c’est ça qui me transformait en harpie, alors que je travaillais sur le diabète (c’est à dire les perturbations de cette fameuse glycémie), un comble!!!

Chez les enfants aussi

Quand j’ai compris, j’au revu NumberOne et NumeroBis, tout bébés, se mettre dans des états ahurissants. Et la pédiatre qui nous disait « Attendez bien 3h entre chaque tété »! Maintenant, je sais. Mes enfants sont comme moi. Sans forcément avoir faim, nous sommes parfois en légère hypoglycémie. Le sucre étant l’unique carburant du cerveau, cette petite variation nous plonge dans un état de nerfs démentiel et incontrôlable (le pire, c’est que j’exagère à peine).

Une petite étude scientifique?

Aujourd’hui, cette constatation plus ou moins empirique de ma part vient d’être confirmée scientifiquement. Pas sur les relations parents-enfants, mais sur les relations dans le couple [1].
Une centaine de couples mariés a été suivi pendant 3 semaines. Chaque soir, chacun devait planter des aiguilles dans une poupée vaudou censée représenter leur conjoint(e) pour matérialiser leur degré de colère contre lui/elle. A l’issu des 3 semaines, chaque couple participait à un petit jeu, et le gagnant infligeait au perdant un bruit désagréable (du genre roulette de dentiste et et crissement sur tableau noir…), dont il fixait lui-même la durée et l’intensité. La glycémie de chaque participant était mesurée chaque soir au moment du sympathique exercice sur la poupée vaudou.
Résultats: plus les personnes avaient un faible taux de sucre dans le sang, plus elles plantaient d’aiguilles dans leur poupée vaudou (expression de la colère), et plus elles soumettaient leur partenaire à un bruit fort et long (expression de l’agressivité). Et ce quelque soit leur degré de satisfaction dans leur couple.

L’explication des auteurs est intéressante: ils considèrent que le contrôle de soi nécessaire pour maîtriser la colère et l’agressivité demande beaucoup d’énergie, énergie que le cerveau ne trouve pas lorsque le taux de sucre dans le sang est abaissé.

En pratique

Maintenant que j’ai compris comment nous fonctionnions, mes enfants et moi, la vie est beaucoup plus simple. Lorsque je sens que la pression commence à monter, on fait une pause pour grignoter quelque chose. On attend que ça se calme, et la vie reprend son cours normal. Inutile dans ce cas de vouloir faire la moindre chose: les enfants deviennent ingérables, excités, et moi je ne supporte rien!

Donc lorsque vous sentez que la situation vous échappe, même si vous n’avez pas faim, essayez un en-cas sucré pour toute la famille…  Vous pourriez bien être surprise du résultat! Et puis c’est une bonne façon de manger les chocolats de Pâques 😉

[1]: Bushman BJ, Dewall CN, Pond RS Jr, Hanus MD. Low glucose relates to greater aggression in married couples.Proc Natl Acad Sci U S A. 2014 Apr 14.

 

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