Changer de vie… 6 mois après

Un peu plus de 6 mois que nous avons quitté la Bretagne pour poser nos valises en Haute-Savoie. 1 an déjà que nous mettions les pieds à Annecy pour la toute première fois, sans vraiment croire que ce paysage idyllique deviendrait le décor de notre quotidien…
Alors changer de vie avec 3 enfants, ça donne quoi 6 mois après? L’heure d’un premier bilan sur tout ce qui s’est passé et comment on a géré, si jamais l’aventure vous tente, vous aussi 😉

Changer de vie : un choix familial

Bien sûr, nous en avons d’abord parlé à 2, entre nous. Mais l’avis des enfants a toujours été primordial. Dès le début, on leur a expliqué pourquoi on faisait un aller-retour à Annecy : parce que Papa pourrait peut-être aller travailler là-bas, et donc qu’on irait avec lui. Mais que rien n’était fait, que ce n’était pas sûr, etc… Ce qui était le cas à ce moment là. Ce qu’ils ont retenu, eux, c’est montagne et neige. Quand tout s’est mis en place niveau boulot, on s’est donné 1 mois de réflexion. Parce que ce n’est pas rien de tout quitter, même temporairement.
Précision : nous sommes partis dans le cadre d’une mise en dispo pour mon homme, qui peut donc réintégrer son poste en Bretagne au bout de 2 ans, ou prolonger cette mise en dispo jusqu’à 10 ans. Confortable, donc, comme situation.
Lorsque nous avons annoncé aux enfants que « le travail de Papa avait dit oui pour aller à Annecy » (nous avions l’accord mais nous n’avions pas encore pris notre décision), nous avons eu droit à une explosion de cris de joie.

L’un des crapouillots m’a dit « c’est le jour le plus beau de toute ma vie, Maman ».

Ou comment faire chouiner sa mère…
On a quand même discuté du fait qu’ils seraient loin de leurs copains, ce à quoi ils nous ont répondu « c’est pas grave, on aura des nouveaux copains, on se fait toujours plein de copains quand on va quelque part » (ce qui est vrai). Détendus, donc, les crapouillots.
Pour nous, ça a été un peu plus compliqué, notamment par rapport à la maison que n’avions pas encore complètement finie et dans laquelle on s’est tellement investie.

Ce qui nous a fait dire oui

Nous avions déjà eu de nombreuses propositions pour partir ailleurs, mais à chaque fois, il y a avait une raison de refuser : trop loin (genre l’autre bout du monde), ma thèse à finir, les enfants trop petits…
Là, nous étions dans une configuration parfaite : les enfants encore jeunes mais pas trop (plus de logistique nourrisson à gérer), je peux bosser de n’importe où du moment que j’ai mon ordi et une prise internet, le lieu proposé était totalement dépaysant tout en restant en France.
Cerise sur le gâteau : les lignes EasyJet Nantes-Genève et Nantes-Lyon nous permettaient de faire le voyage rapidement et pour pas cher (billet à partir de 15/20€). Pouvoir retrouver la famille et notre environnement était un critère important.
Autre argument de poids : le travail. Ça faisait un moment que mon Chéri avait envie/besoin de changer d’air, de routine. Son ancien job lui manquait, et là, on lui proposait justement de retourner dans son ancienne boîte, sur un boulot qui le passionne. De ce côté là, le choix s’est imposé de lui-même.
Et enfin, dernier argument qui nous a décidé, ce sont les enfants. Ou plutôt, tout ce que ce changement allait pouvoir leur apporter. Ce n’était pas juste un déménagement, mais réellement un changement de vie. Pour des petits Bretons qui ont vu 3 flocons de neige dans toute leur vie, partir vivre en Haute-Savoie, c’est comme partir dans un autre pays 😀 Il y avait aussi le côté citadin : vivre en appartement, en ville, c’est une expérience très différente de notre petit village perdu dans la campagne. Pour l’anecdote, avant de venir à Annecy, les crapouillots croyaient qu’il y avait des bouchons dès qu’il y avait un feu rouge. Et oui, chez nous, il faut faire 30 minutes de route avant de trouver un feu rouge 😉 C’est rigolo, mais nous n’avions pas envie qu’ils grandissent uniquement dans une ambiance campagne.

Organiser le départ/l’arrivée

Une fois notre décision prise, il a fallu organiser les choses.
Pour le logement, c’était un peu particulier, d’une part car le marché de l’immobilier est très tendu sur la région d’Annecy (=très cher et tout se fait au dernier moment), et d’autre part car dans le cadre du 1% logement, un agent immobilier a été mandaté par la boîte de mon chéri pour nous trouver quelque chose. Nous ne nous sommes donc occupés de rien (grave erreur, mais on ne pouvait pas le savoir à l’avance…), et le rendez-vous de visite a été programmé fin juin… pour une arrivée 1 mois plus tard!
Grosse déconvenue le jour des visites, quand nous avons découvert que la nana ne s’était occupé de rien et nous a fait visité les trucs qu’elle avait en stock sans prendre en compte nos critères. Précisons que cette dame est quand même grassement rémunérée -près de 3000€- pour ce travail. Nous avions demandé un appartement meublé dans Annecy, nous avons visité des maisons vides à 20 km… En se débrouillant un peu par nous-mêmes, nous avons réussi à visiter un appartement en limite d’Annecy, avec une cuisine équipée, mais libre début septembre. Comme c’était le seul truc qui correspondait « à peu près », nous avons déposé un dossier, qui a été accepté. Le temps que les papiers soient validés, nous n’avons connu avec certitude notre future adresse que courant juillet.
Nous avons ensuite essayé de nous renseigner sur l’école, mais à cette période, tout est fermé. En faisant le tour de nos connaissances sur place, nous avons appris que l’école dont nous dépendions selon la carte scolaire était plutôt une école « de cité ». Avec apparemment une super équipe pédagogique, mais aussi une grande majorité d’enfants ne parlant pas couramment français… Nous qui avions mis tellement de temps à trouver l’école qui nous convenait pour nos enfants en Bretagne (nous avons visité des écoles à pédagogies alternatives, des écoles publiques, privées…), la pilule était un peu dure à avaler. A ma grande surprise, je n’ai rien trouvé en école alternative (alors que depuis, j’ai appris qu’il  existait bien des structures). Nous nous sommes donc tournés vers les écoles privés, surtout qu’il y en a une juste en haut de chez nous. Problème : pendant les vacances, tout est fermé. Et quand les gens ont commencé à revenir de vacances, la deuxième douche froide : TOUTES les écoles privées de la région étaient archi-complètes. De fil en aiguille, nous avons réussi à avoir une place pour nos 3 crapouillots, seulement 3 jours avant la rentrée. Difficile d’expliquer aux enfants, quand on arrive sur place, qu’on ne sait pas encore où ils iront à l’école 🙁
Heureusement, l’école où nous avons eu des places est top, elle correspond tout à fait aux valeurs qu’on souhaite donner à nos enfants, et ils retrouvent des classes et un fonctionnement proches de celui qu’ils connaissaient en Bretagne. Ils n’ont donc pas du tout été perturbés par ce changement et se sont tous très vite fait des copains/copines, ont été invités à des anniversaires, bref, tout se passe bien! Niveau scolaire, ils étaient tous les 3 plutôt à l’aise, donc le changement n’a pas non plus posé de problème sur le travail scolaire.

Changer de vie : les difficultés du quotidien

Changer de vie, c’est chouette, mais ce n’est pas toujours rose.
Il y a le côté rébarbatif des cartons, des papiers. Le déménagement qui ne s’est pas parfaitement déroulé… Et puis il y a le reste.

Arriver dans une région où on n’a plus d’amis, plus de famille.

C’est un élément que nous avions sous-estimé, je pense. Parce qu’on avait pas mal de connaissances sur Annecy, on s’est dit qu’on n’arrivait pas dans une ville où on ne connaissait « personne ». Sauf que passer d’un village où tu connais « tout le monde » à une ville où tu croises les gens sans leur parler, c’est dur. Les parents de l’école sont gentils, cordiaux, mais distants. 6 mois plus tard, j’ai sympathisé avec 1 seule maman (enfin, elle arrivée dans l’école ne même temps que nous, depuis le public également, ceci expliquant peut-être celà…). Bref, il y a eu des moments vraiment durs les premières semaines, surtout pour moi qui travaille depuis la maison, seule…
Ensuite, c’est la météo qui nous a joué des tours.

Un truc auquel tu ne t’attends pas en quittant la Bretagne, c’est à vivre sous la pluie!

C’est pourtant ce qui nous est arrivé en Octobre. Un automne pourri, où il pouvait pleuvoir des cordes pendant des jours entiers. Forcément, tout le monde nous taquinait gentiment, les Bretons sous la pluie… Sauf que pour le moral, c’est le truc qui t’achève…
Au bout de 6 mois, le quotidien s’est mis en place. Nous avons noué de nouvelles relations (peu, mais c’est un début…), il y a du soleil et de la neige, on en profite. Même si notre petit village breton nous manque follement, on s’accommode de notre vie ici, d’autant plus qu’elle a plein d’autres avantages.
Par contre, nous avons découvert d’autres « manques ». Notamment celui de la famille, avouons-le pour des raisons pratico-pratiques. Quand nous sommes partis, cela faisait 6 mois que les 4 grands-parents des crapouillots étaient tous à la retraite. A chaque vacances, ils pouvaient donc les prendre un peu en vacances. Nous qui n’avions jamais pu laisser les enfants depuis qu’ils étaient petits, ça nous a fait un bien fou. Se retrouver à 2 à la maison, dans le calme. Pourvoir avancer sur l’aménagement des différentes pièces vitesse grand V, manger à l’heure qu’on veut, dormir le matin. C’est bien simple, à chaque vacances, nous faisions une pièce de la maison. Ici, nous avons les enfants non-stop. Et quand on rentre en Bretagne, même si les grands-parents sont là, je suis toujours avec les enfants. Heureusement, nous avons pu trouver une baby-sitter, ce qui nous permet quelques (rares) soirées à 2. Primordial quand il faut se réinventer un mode de vie, à 5 mais aussi à 2.

Ce qu’on aime ici

Ce qu’on aime, c’est vivre en vacances.

Ça peut paraître dingue de dire ça, mais c’est ce qu’on ressent assez souvent et ce qu’on essaie d’entretenir. Quand on est arrivé, on allait à la plage au bord du lac tous les soirs après l’école. Et si on avait envie, on allait se prendre une super glace dans la vieille ville.
Avec l’automne, on a essayé de découvrir le coin avec quelques petites randos en famille (quand il ne pleuvait pas…). Les mamies sont venues nous rendre visite donc on en a profité pour visiter des lieux touristiques.
Puis la neige est arrivée, et depuis on essaie d’en profiter tous les week-ends : ski, luge, promenade en raquette, bonhomme de neige.
Il y a tellement à faire dans la région qu’on ne sait pas trop où donner de la tête, ce qui est sûr c’est qu’on essaie au maximum d’être en mode touriste. Pouvoir passer d’une matinée à skier sur les pistes, à une après-midi au bord du lac à déguster une glace, ça n’a pas de prix!
Il y aussi un truc que je trouve super agréable dans la région, c’est l’ambiance, le climat général. Il y a énormément de gens qui ne sont pas du coin, et venir vivre ici est un véritable choix de vie. Beaucoup ont quitté Paris pour un job à Genève et se sont installés à Annecy pour la qualité de vie. Les gens sont aisés, la vie est facile (enfin pas pour notre porte-monnaie), et ça se ressent un peu partout. Dans les magasins, sur la route, les gens sont polis, te laissent passer. Au quotidien, c’est super agréable à vivre. Pourtant, les savoyards ont la réputation d’être des gens froids et difficile à approcher. C’est assez vrai, sauf qu’il y a finalement peu de savoyards pur souche… ou en tout cas, on ne les rencontre pas!

Garder des liens avec notre « autre » vie

Plutôt que de changer de vie, nous avons finalement commencé une deuxième vie ici. Mais notre vie en Bretagne fait toujours partie de notre quotidien, et nous essayons de rentrer régulièrement. En 6 mois, nous sommes rentrées 2 fois.
A chaque fois, les enfants ont pu voir tous leurs copains. La première fois, nous avions donné rendez-vous à tout le monde à l’aire de jeux du village pour un goûter géant. C’était vraiment super sympa. La seconde fois, les enfants sont carrément retournés passer une matinée dans leur école (avantage des zones différentes pour les vacances 😉 ).
En plus, nous avons créé un blog privé où ce sont les enfants qui prennent la parole pour raconter ce qu’ils veulent sur leur nouvelle vie ici : la neige, les voyages, le ski, les fêtes locales… Les anciennes maîtresses ont joué le jeu en montrant le blog aux enfants en classe, les anciens copains ont laissé des commentaires pour poser des questions, c’était génial de garder cette relation même à l’autre bout de la France.
Le blog est beaucoup moins alimenté depuis quelque temps, normal, il y a moins de nouveautés, on rentre dans un quotidien bien rôdé. Même la neige qui tombe ne fait plus lever la tête aux enfants… Mais ça a permis les premières semaines et les premiers mois, de partager toutes ces découvertes avec les personnes qui comptent pour les enfants.

Et puis bientôt, nous allons retrouver notre maison, sans doute pour une partie de l’été. Nous allons retrouver avec délectation notre quotidien breton avant de replonger dans la vie savoyarde. Ou comment profiter 2 fois plus de chaque moment en étant pleinement conscient de la chance que nous avons.
Changer de vie, c’est pas simple, mais ça vaut le coup!

2 Comments on Changer de vie… 6 mois après

  1. Marie
    25/10/2016 at 0 h 53 min (1 année ago)

    Jai du arriver peu près en même temps que toi à Annecy ! (J adore !)
    Et j’aime beaucoup ton blog

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    • Ludivine
      25/10/2016 at 9 h 06 min (1 année ago)

      Merci pour le blog ^_^
      On adore aussi Annecy, notre cœur balance entre la Bretagne (que nous n’envisageons pas de quitter définitivement), et ici, où on a l’impression d’être en vacances toute l’année!

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