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Pourquoi je me sens obligée de tout prendre en charge ? Et comment je m’en suis sortie !

Je n’avais jamais vu les choses ainsi jusqu’à ces dernières semaines. Et la réalité m’a (un peu…) explosé au visage. Contrairement à ce que je pensais, moi la reine de l’organisation et de la répartition des tâches, je me sentais obligée de tout prendre en charge, je me sentais responsable (coucou, la charge mentale…).
Heureusement, une fois la situation acceptée (dans la douleur…), je crois avoir trouvé comment m’en sortir. Alors si toi aussi, t’as envie de dire « rien à foutre » (cf. le livre du même nom), prends toi un café, je te raconte ! C’est peut-être l’occasion de passer des fêtes sereines 😀


Je suis obligée de tout gérer

Au quotidien, il me semble avoir dépassé la phase du « y’en a marre, c’est toujours moi qui fait TOUT dans cette maison !!! ». J’ai plutôt l’impression de favoriser l’implication de chacun, avec tout un tas d’outils mis en place (devinez par qui) pour que ça fonctionne. On utilise notamment une application de gestion de projets pour organiser notre vie familiale au quotidien, et on fait les menus pour la semaine avec les enfants. Scoop : ça fonctionne !
Tout me semblait donc aller (presque) pour le mieux dans le meilleur des mondes (enfin le meilleur des mondes, ça se discute).

Et puis… J’ai raconté ici, il y a peu, comment notre vie a basculé le 2 octobre 2020 et pourquoi, depuis, j’ai peur pour la vie de mes enfants. Une loi qui oblige les enfants à être scolarisés dans une école, ça peut sembler un détail, mais quand ça remet en cause ton projet de vie bâti patiemment pendant des mois/années, quand ça te prive de la liberté de faire découvrir le monde à tes enfants, quand ça permet à des dirigeants de t’insulter en toute impunité, c’est très violent.
Alors après 2/3 jours de sidération, j’ai très vite eu besoin de me mobiliser, de me rendre utile, de faire quelque chose. Avec quelques autres parents, on s’est regroupé pour réfléchir ensemble, coordonner des actions. Et même là, j’ai eu besoin d’en faire plus. J’ai créé des visuels à faire circuler, j’ai écrit des modèles de lettres que j’ai partagés à toutes les familles, j’ai créé des flyers qui ont été distribués lors de nos manifestations… Petit à petit, il s’est formé un « noyau dur » : on est 4, dont le projet de loi occupe nos jours et nos nuits. Ça vire à la torture mentale…
Pourtant, nous ne sommes pas plus concerné·e·s que les autres familles. Ni plus ni moins.
La réalité de la situation m’est apparue il y a quelques jours…

Si je ne faisais rien, la terre ne s’arrêterait pas de tourner.

Je ne suis même pas sûre que ça changerait grand chose à ce projet de loi, porté par des ambitions qui nous dépassent largement. D’ailleurs, certaines familles ont fait le choix de ne pas s’impliquer dans cette lutte (alors que moi, je suis en même temps dans des groupes pour d’autres luttes).
Alors pourquoi ?

Pourquoi je ne peux pas m’empêcher d’être active ?
Surtout, pourquoi j’ai l’impression d’avoir la responsabilité de tout prendre en charge ?

Je suis de celle qui a besoin d’être active quand la situation ne me convient pas. C’était d’ailleurs un des points « remarquables » de mon CV. Dans la section « Centres d’intérêts » (celle où on met en vrac les camps scouts et nos livres préférés) , j’avais indiqué « Missions de client-mystère ». En général, ça suscitait la curiosité et j’expliquais que c’était important pour moi de me sentir impliquée dans les processus d’amélioration des choses (en vrai, je me suis rendue compte que c’était un système tout pourri pour fliquer les employés, mais bon…).
Bref, je ne supporte pas de rester là, à maudire une situation inconfortable sans rien faire pour la changer. Pourtant, je suis bluffée par les gens qui ont cette capacité. Pas ceux qui restent à râler parce que c’est plus confortable que de se bouger pour faire évoluer la situation (ça, ça m’agace réellement), mais les personnes qui arrivent à se détacher de la situation et qui n’ont pas l’impression qu’ils doivent sauver le monde (ou au moins leur monde) à chaque instant. Pour moi, c’est un peu ça le lâcher-prise. Et j’ai encore du boulot ^_^

Et puis il faut avouer autre chose : si je prends quelque chose en charge, si je le fais, je suis sûre que tout est fait et bien fait (traduction : fait à ma façon, comme je pense que c’est bien ^_^ ).

Maintenant que la situation est posée, voyons comment améliorer les choses (à l’approche de Noël, ça peut être utile).

Comment ne plus se sentir obligée de tout gérer ?

Pour les personnes comme moi, qui ont l’impression que les tâches sont (plus ou moins) bien réparties à la maison, mais qui en réalité se sentent responsables du fait que tout soit réalisé correctement, Noël est une période particulièrement délicate. Surtout cette année, parce qu’il faut bien dire qu’on a la pression après des semaines/mois sans avoir vu la famille. On a envie que tout se passe au mieux. Et donc on supervise (un peu trop) toute l’organisation.

Pour améliorer les choses, je t’emmène dans un petit exercice que j’ai réalisé hier en passant l’aspirateur (ma vie est formidable !). Ça peut aussi marcher pour d’autres situations que Noël 😉
A l’approche de Noël, je suis donc en plein préparatifs (avec toute la famille, bien sûr !) : cadeaux pour les uns et les autres, menu du réveillon, répartition des couchages, et qu’est-ce qu’on va manger le lendemain, est-ce qu’on ira se promener, ou peut-être plutôt un jeu de société avec les enfants… J’arrête là, tu as sans doute le même tourbillon de pensées qui valsent dans ta tête (et encore, cette année, on ne sera pas nombreux).
Et à présent, la question qui tue : que se passera t’il si je ne m’en charge pas ? Que se passera t’il si je ne vérifie pas chaque détail ?
Il manquera quelque chose. C’est à peu près sûr. Le vin rouge pour aller avec la dinde, une boîte de chocolats pour Belle-Maman, le pain pour le lendemain, des draps propres dans un lit…

Et alors ?

Ben oui, c’est vrai ça, et alors ??? Est-ce que la Terre va s’arrêter de tourner parce qu’on n’a pas de pain ? A priori, non (ou pas tout de suite). Est-ce que Noël sera gâché ? Sans doute pas… (même s’il ne sera pas parfait non plus – mais il ne l’est jamais !).
Alors, quoi ?
Peut-être que Tata Suzanne va penser que je me débrouille mal, que je suis nulle…

Et alors ?

Tata Suzanne a beau avoir une sacrée langue de vipère, c’est très désagréable pour moi qu’elle pense que je suis nulle, que je ne gère pas tout parfaitement. Et puis, je n’ai pas envie de penser que Noël n’a pas été parfait parce que je n’ai pas tout bien fait… (pourtant, Noël n’a jamais été et ne sera jamais parfait, quoi que je fasse).

Ok, donc tout ça, ce besoin de tout vérifier, de tout prendre en charge, c’est :
1/ pour me rassurer (j’ai fait tout ce qu’il fallait, tout ce que je pouvais)
2/ pour m’éviter, surtout, un (éventuel) moment désagréable si les gens s’offusquent que tout ne soit pas parfait.

Après tout, ça pourrait fonctionner, on se rassure comme on peut.
Sauf que…
Quelle est la situation présente ?
Ou plutôt, comment je me sens dans la situation présente ?
Pas super bien…
Parce que je suis débordée, parce que je dois penser à 10 000 choses, parce que je suis agacée que les autres ne pensent pas à ces 10 000 choses, parce que j’ai à nouveau l’impression d’être obligée de tout prendre en charge.

Si on résume : pour éviter un éventuel épisode désagréable pour moi à Noël, je m’inflige dès à présent des jours (voire des semaines) invivables. Tout ça pour arriver à Noël sur les rotules, et passer en mode hyène hurlante au moindre souci…

Je ne sais pas toi, mais moi, quand j’ai réalisé ça, je me suis dit que c’était un peu couillon, comme situation.
Je me suis dit que j’allais lâcher du leste sur pas mal de trucs. On n’a pas testé la nouvelle recette de bûche super compliquée avant ? Tant pis ! Si elle est moche, on en rigolera, et si vraiment elle n’est pas bonne, il restera des clémentines ! La météo annonce de la pluie pour le 25 et je n’ai rien prévu ? Pas grave, on verra bien ce que chacun a envie de faire et puis on pourra cuisiner ensemble, ça nous occupera et ça m’évitera de préparer un autre repas…
Et si Tata Suzanne fait sa ronchon et critique tout ?

Rien à foutre !

Parce que je serai zen, je n’aurai pas accumulé des tonnes de frustration, et que je me souviendrai que ce n’est pas pour ça que la Terre va arrêter de tourner 😉

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